Plonger en littérature

Rien ne me prédisposait à l’écriture. Jamais je ne m’étais imaginé pouvoir un jour prendre la plume avec la ferme intention de venir à bout d’un manuscrit.

Pourtant, quand mon père est mort, d’abord sidéré puis transformé par le deuil, je vécus comme une épiphanie littéraire.

Il y avait une évidence : je ressentais la nécessité d’écrire. En somme, je n’ai pas choisi de plonger en littérature, j’y ai été contraint. L’écriture était un exutoire, une manière de cracher la tension, le ressenti, l’émotion, la douleur, et l’émerveillement du souvenir. Un chaud-froid avec lequel on joue, qui nous envoute, dont on ne peut plus se priver, une catharsis du deuil.

Jusqu’à ce que tout soit dit, jusqu’à ce que tout soit écrit.

Après un temps, quand on comprend qu’un tel exercice s’apparente plus à une thérapie littéraire qu’à un roman, un choix important s’impose.

Vous avez écrit sur la mort de votre père, très bien, et maintenant ? Est-ce intéressant à lire ? Y a-t-il dans cet objet quelque chose de transmissible, des idées qui puissent trouver un écho au delà de votre histoire personnelle ? Ce texte porte-t-il en lui un message ? Est-il capable de toucher la sensibilité du lecteur ? Bref, ce texte mérite-t-il d’être lu ?

La réponse est probablement non, mais vous avez le choix : en rester là, et garder ce manuscrit dans un tiroir, pour vous, pour votre famille ; ou au contraire, ne pas en rester là, et sculpter ce bloc de marbre pour révéler autre chose, pour tenter d’approcher du générique, en travaillant la matière de l’intime. Si vous faites ce choix, alors seulement — il me semble — vous commencez à écrire.

C’est le pari que j’ai fait à ce moment là, dans ce second temps : celui de produire un texte qui vaille la peine d’être lu, du moins l’espérais-je.

Lorsque les éditions Astre Bleu m’ont contacté pour me dire qu’ils avaient retenu mon manuscrit, je fus profondément heureux. Je recevais là comme une confirmation, comme le signe que je ne m’étais pas complètement trompé en me lançant dans cette entreprise.

L’apparition de l’oubli est mon premier roman, il est publié chez L’Astre Bleu. Pour rester informé, vous pouvez me suivre sur Twitter ou Facebook et vous abonner à la newsletter de ce site.